La grande hypocrisie




















Ils gouvernent le monde et on n’en parle pas.
L’argent, le sexe et pour beaucoup, la religion.
Que n’a-t-on pas commis, au nom de ces trois là !

Quell’ vaste hypocrisie, quelle honteuse affection.


Je mettrais volontiers à part, la religion,

Au nom de l’absolue liberté de conscience.
Mais les deux autres, au moins, méritent réflexion,
Il n’est pas vain pour eux de manquer de méfiance.


L’argent va à l’argent. Cela se vérifie

Ô combien, aujourd’hui, grâce à ces Harpagons
Qui sont bien engraissés, ne voulant faire fi
Des lingots amassés au nez des parangons.


Et l’Homme dans tout ça ? Il se bat, se débat,

N’en croyant pas ses yeux ainsi que ce qu’il oit.
Il faudra bien qu’il cesse, ce cruel branle-bas,
Sinon l’hiver prochain, il va faire trop froid.


Et le sexe dans tout ça ? Il dirige le monde.

Il confère aux affaires un alibi puissant,
Génère l’Humanité dans sa bulle féconde,
Pour mieux l’emprisonner en ce désir ardent.


Le sexe et le pognon ne sont qu’hypocrisie.

Les Hommes ont en commun, le même regard lubrique,
La même frénésie, la même fatrasie(*),
Pour un billet de cent que pour l’objet phallique.

Ainsi va notre monde et les hommes ainsi faits,
Qu’ils seraient des menteurs de nier l’évidence.
À quoi bon le cacher et en faire un secret :
L’argent, comme le sexe, sont pourris d’indécence ?

Jean-Charles Theillac

 

(*)Au Moyen Âge, pièce de vers satiriques caractérisée par l’incohérence de la pensée ou du langage.