…et tu nous reconnaîtras !

 

 

 

Ô toi ma bien-aimée, mère de mes enfants,

Que n’a-t-on labouré les friches de nos vies !

Que mon cœur en jachère apaise mon tourment

Pour qu’une fleur exhale ce brin de poésie.

 

Tu as tant repoussé mes élans, mes étreintes.

Sur ton corps étendu, j’ai tenté des caresses,

Maladroites, hésitantes. Elles se voulaient empreintes

De tendres attentions et de délicatesses.   

 

Je t’ai toujours donné mon amour en offrande.

J’espérais que ton corps se libère et s’expose

Pour en goûter le fruit, au doux parfum d’amande,

Cet intime de toi comme une fleur éclose.

 

Mais le temps a passé et mon attente est vaine.

Je ne l’ai pas cherchée, je ne voulais pas d’elle.

Elle a su me séduire, élégante et mondaine.

Malgré ma réticence, elle m’a pris sous son aile.

 

Cette femme allongée, dans ce lit, près de moi

Ne prendra pas ta place. Jamais elle ne sera

Ce que je veux pour nous, ce que je veux de toi.

Tu es celle dont je rêve, quand je suis dans ses bras.

 

Ecartelée, offerte, impudique maîtresse,

Je dors dedans son corps, elle s’abreuve du mien,

Puis ses mains me caressent avec tant de tendresse.

Moments délicieux où le temps n’est plus rien.

 

Je te voudrais heureuse, en ces instants, comme elle,

Suspendue dans le temps, l’espace, par le plaisir,

Assouvie et sereine. Mon audace est cruelle :

Ne la rejette pas. Sauras-tu l’accueillir ?

 

Je ne sais si tu veux et pourtant, il me semble

Qu’est venu le moment de songer à nous deux,

À ce que pourrait êtr' notre amour qui va l’amble,

Pour le régénérer dans un galop heureux.

 

S’il n’y avait amour, entre nous, mon amour,

Je n’aurais pas osé. C’est à toi, maintenant.

Je te laisse le temps. Je veux rester toujours

Séduisant, amoureux, ton éternel amant.

28 janvier 2009