Le fameux quiproquo

« le piège principal, c’est le mariage, c’est la famille.Dès qu’un type fonde un foyer, il a cessé d’être libre, il a cessé d’exister »  Georges Brassens le 29 mars 1972 au cours d’une émission ORTF, Bienvenue chez Guy Béart.
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  • Il y a bien longtemps que le mariage sévit,
    Si ce n’était ainsi, il faudrait l’inventer.
    Chacun a sa chacune, d’aucuns son vis-à-vis,
    Il y’a des exceptions, des destins déroutés

    En ce lieu, à cette heure, on ne peut que noter
    La belle imperfection de cette institution.
    En effet ce sujet est un peu culotté,
    C’est le cas de le dire, même avec dérision.

    Quand deux êtres s’adorent, et qu’ils découvrent à peine,
    Le bonheur d’être deux et de tout partager,
    Ils veulent, c’est bien normal, tout le long de la Seine
    Se mélancoliser et fredonner Trenet.

    C’est l’heure où l’on s’échange des poèmes charmants.
    De jolis mots d’amour, tendres et romantiques.
    On se croit éternel et l’on devient amants.
    La sensualité naissante a une beauté antique.

    Erotisme et pudeur, coquines attitudes,
    Mettent le feu déjà, dans ces jeunes esprits.
    Rien ne pourrait troubler ni mêm’ la finitude,
    De ces deux amants là, l’uns de l’autres épris.

    Puisque nous nous aimons et que nous sommes amants,
    Rien ne s’oppose alors à unir nos deux vies
    Devant monsieur le Maire, dans un consentement
    Recueilli, officiel, proclamé, indivis.

    Là commence l’histoir’ du fameux quiproquo,
    Qui traverse les âges, et trahit les chimères,
    Et corrompt ces unions, pour en faire un fiasco.
    Amante exquise avant, la femme devient mère.

    Fini les roucoulades, les petites attentions,
    Les câlins impromptus, les désirs partagés.
    Le mari est alors victime de la situation
    De cette « escroquerie » marque d’humanité.

    L’homme n’a pas changé, il est toujours le même.
    Les « chut !  Il dort », les « pas ce soir », les « allez ! Vite »,
    Les « laisses-moi dormir ». Il est la pénultième.
    De la vie de madame, un amant parasite.

    Heureusement il a, comme pour se consoler,
    Cet enfant désiré, cet être à part entièr’
    Cet ensoleillement, chaque jour décuplé,
    Ce souvenir d’amour dont il peut être fier.

    Pour que ce quiproquo ne soit pas un fiasco,
    Il faut tolérance, indulgence et amour.
    Si ça ne suffit pas, ayez l’esprit tango,
    Deux pas de côtés et un pas en retour.

    PS:

    Ceci n’est qu’un avis et n’engage que moi.

    L’homme est naïf et croit que la femme qu’il aime

    Aura toujours besoin de ses charmants émois.

    Du mystère de la vie, elle en est bien l’emblème.

    Il doit être patient et doit faire ramadan.

    Désirs inassouvis, soupirs et catogans.

     

    Jean-Charles Theillac

    Bayonne le 5 septembre 2006